Je tricote pour résister

 

Tricoter c'est résister. Transformer la matière de bout en bout, la tracer du début à la fin et maîtriser mes choix sur ce qu'elle devient et sur ce que j'ai à offrir à ma clientèle. C'est pour moi un véritable acte de résistance face au consumérisme ambiant.(Causes perdues et musiques tropicales)


Déçue par  les conférences où nous nous retrouvions tous à penser la même chose sans véritable possibilité de débat. J'ai décidé de prendre une matière et de la transformer de bout en bout.
J'étais journaliste et j'aurais pu utiliser mon travail pour écrire sur les causes qui me paraissent justes. Je sais que l'écriture est un puissant moyen d'action et c'est pour cela que je soutiens les médias indépendants.
Mais ça ne me suffisait pas.
Je voulais résister par le partage d'un savoir faire, montrer que nous avons des richesses à portée de main que nous n'utilisons pas. Montrer comment une matière brute peut devenir un objet luxueux. Mettre la main à la pâte quoi.

Découvrir que l'abondance est autour de nous, même sans beaucoup d'argent. C'est important de prendre conscience de cela. Les richesses ne sont pas là où le monde capitaliste veut nous emmener. Nous n'y trouvons que violence, déni des autres et une course à l'échalote effrénée qui au bout du compte ne nous satisfait jamais.

J'en reviens au tricot.
Le tricot n'est pas une activité de mamie : c'est un acte de résistance. Je vous invite à lire 'le pouvoir du tricot ' de Loretta Napoléoni, paru aux éditions Albin Michel.
Je suis née à l'époque du plein boum capitaliste : 'Les Trente glorieuses' comme on dit . Déjà la femme  n'était plus seulement vue comme une simple ménagère, il allait falloir qu'en plus elle travaille à l'extérieur. Elle allait devenir Superwoman avec trois métiers à accomplir dans une même journée: mère, ménagère et un autre métier mis au point par le capitalisme masculin destiné à l'enrichir un peu plus.

Certes à l'instar de Simone de Beauvoir travailler à l'extérieur a pu être une libération. A condition de pouvoir choisir son travail. Mais pour beaucoup de femmes c'est avant tout une double servitude  pour enrichir le monde capitaliste.
Donc quand j'étais petite fille, beaucoup de mamans n'apprenaient plus à leur fille à tricoter car il ne fallait pas qu'elle devienne femme au foyer. Il fallait qu'elles aient un métier car femme au foyer n'en n'est pas un, pas plus que mère d'ailleurs. Donc les femmes se sont mises à faire trois métiers et pour cela elles ont abandonné des tâches devenues anecdotiques comme la couture ou le tricot. En effet,  la grande industrie pourvoie en vêtements peu cher en tout genre issus de l’esclavage de personnes à l'autre bout de la planète. Mais la couture ou le tricot avait leur part de créativité. On peut construire son vêtement comme on le désire. Et la créativité aide à la réflexion. Alors il vaut mieux que la femme de réfléchisse pas trop, ça l'obligerait à se pencher sur sa condition.

J'ai eu la chance que ma maman m’apprenne à tricoter.
Ensuite j'ai fait des études, j'ai eu plusieurs métiers, mais je n' ai jamais cesser de tricoter.
Aujourd'hui je tricote la matière que je suis allée chercher dans les fermes. J'ai même élevé moi même des brebis afin de maîtriser la chaîne de bout en bout.
Entre le moment où l'on tond la brebis et le moment où le pull est terminé, il s'est passé une à deux années. De quoi faire tomber dans les pommes Elon Musk. Et oui résister c'est aussi se réapproprier le temps.
Voilà j'ai cru parfois travailler pour une cause perdue (vous connaissez la chanson de Bernard Lavilliers ? ) D'ailleurs j'écoute souvent des musiques tropicales en tricotant. Mais je n'ai jamais perdu espoir, même devant les gens qui ne savent pas que la laine vient des moutons, patiemment j'ai expliqué.
Aujourd'hui, beaucoup de jeunes se sont mis à tricoter et enfin des garçons aussi. J'espère que s'ils ont des enfants ils leur apprendront à tricoter.
Aujourd'hui on me demande la provenance de ma laine.
Aujourd'hui des coopératives textiles se créent.
La partie n'est pas gagnée car bien sûr le capitalisme va vouloir s'emparer de cette nouvelle poule aux œufs d'or et falsifier à nouveau le travail que mène avec acharnement les artisanes(ans) pour créer une filière juste. Mais nous pouvons garder l'espoir que le peuple se réappropriera des savoirs faire et du temps pour les réaliser.
Ne courrez plus les boutiques (pourquoi courir pour consommer c'est quand même le comble!). Installez-vous confortablement et prenez le temps de faire une maille après l'autre. Vous verrez c'est très zen.

L'ortie une alliée redoutable


Souvent l'ortie nous ennuie. Elle pousse dans nos parterres de fleurs ou nos carrés de laitues. Nous aimerions qu'elle disparaisse de nos jardins. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

L'ortie pousse là où la terre est trop riche en azote. Rudolph Steiner* disait « L'ortie rend le sol raisonnable. Certes elle est désagréable à cueillir sans gants. Mais elle présente de nombreux avantages et peut nous aider dans bien des domaines domestiques.

Beaucoup connaissent le purin d'ortie au jardin qui soignent les plantes et les nourrit. Mais l'ortie a également servie de fourrage pour les animaux pendant très longtemps et de fibre textile depuis des millions d'années.

Elle se prépare comme la fibre de chanvre et donne un tissu très fin et soyeux. Voici un extrait du
livre de Bernard Bertrand 'Les secrets de l'ortie' qui explique comment on fait de la fillasse d'ortie :

« Récoltez les orties en août et septembre. On est sûr qu'elles sont mûres lorsque les feuilles sont fanées, que les tiges sont jaunâtres ou rouge pâle et que les graines se détachent de leur enveloppe. On coupe les tiges au raz du sol, sans arracher les pieds. On les fait sécher pendant 2 jours pour que tombent les feuilles. On les lie ensuite en bottes et on les met à rouir dans une eau claire pendant 6 ou 7 jours. Après le rouissage on fait sécher. Puis la tige est soumise au teillage ou broyage à la broye, avant d'être peignée au seran.

La fillasse obtenue est stockée dans un lieu sec jusqu'au filage. »

Bernard Bertrand explique comment faire des liens solides avec l'ortie qui serviront au jardin. Il faut couper les tiges, vous les débarrassez des tiges secondaires et des feuilles et avec votre ongle vous ouvrez la tige en deux ou en quatre. Vous tressez ou vous torsadez ensuite les brins obtenus. Ces liens très solides vous serviront à attacher tomates ou haricots aux tuteurs.

Outre le textile l'ortie est une plante médicinale, mais aussi délicieuse en cuisine. Pourquoi ne pas garder un carré d'orties dans son jardin ? C'est un légume que l'on n'a pas besoin de cultiver !

Voici une recette de gratin d'ortie que je fais souvent :

Coupez de jeunes pousses d'orties (200g), les laver et les mettre à blanchir quelques minutes dans de l'eau bouillante. Les hacher. Faire une béchamel épaisse, ajouter du comté râpé de la muscade et du poivre et sel. Mélanger les orties à la béchamel. Mettre dans un plat allant au four ajouter du comté râpé sur le dessus et enfourner Thermostat 180 pendant 20 mn. Ensuite régalez vous !



Pour aller plus loin sur la connaissance de l'ortie :


'Les secrets de l'ortie' Bernard Bertrand collection Le compagnon végétal


*Rudolph Steiner : antroposophe suisse du début du XXème siècle


Christine Delbove





 

Recette de la tarte locale

 Voici une recette pour faire une tarte 100% nivernaise:



Ingrédients:

Pour la garniture:

500g d'épinard du Potager d'Auré à Rouy

1 belle betterave rouge du Potager d'Auré

100g de fromage blanc du Val d'Osseux à Rouy

2 œufs de chez Stéphane Gautheron à Ste Parize Le Chatel

100g de tomette du Val d'Osseux ou de crottin de chèvre de chez Pierre Garnier à Montambert

Quelques noisettes récoltées dans votre jardin ou de noix concassées du domaine des Berthes

 1 morceau de beurre du Val d'Osseux

sel et poivre ( les 2 intrus de cette recette locale!)

Pour la pâte:

350g de farine type 80 du Gaec Lurier à Colméry

4 cuillers à soupe d'huile de tournesol du Gaec Lurier

un peu d'eau du robinet


Préparation:

Éplucher les épinards, les laver et les sécher. Mettre à cuire la betterave rouge dans un grande quantité d'eau. Pendant que la betterave cuit, faire fondre les épinards dans une cocotte avec le beurre.

Lorsqu'ils sont fondus retirer du feu et enlever l'eau qu'ils ont rendu en cuisant.

Ajouter le fromage blanc égoutté, les 2 œufs entiers et la tomette en morceaux. Saler poivrer. Bien mélanger et réserver.

Préchauffer le four thermostat 180°.

Faire la pâte à tarte, mettre la farine dans une jatte, creuser un puits, ajouter une pincée de sel et l'huile. Ajouter peu à peu l'eau nécessaire pour former une pâte qui pourra être étalée au rouleau. En faire une boule puis réserver.

Eplucher la betterave rouge et la couper en morceaux.

Etaler la pâte au rouleau et la déposer dans une tourtière.

Ajouter la préparation aux épinards, puis les morceaux de betterave rouge.

Parsemer de noisettes concassées et enfourner pour 35mn.

Servir avec une salade verte du Jardin des Grillons.

Le crapiaux aux pommes

 


Il vous reste des pommes du verger, mais elle commencent à s'abimer et c'est la saison des crêpes. C'est l'équation parfaite pour faire des crapiaux aux pommes, une spécialité du Morvan. J'imagine que dans tous les pays ou les pommes se trouvaient en abondance, une recette semblable existe avec un nom différent.

Mais bon, nous allons faire des crapiaux aux pommes du Morvan!

La recette:

Ingrédients: 3 pommes, 3 oeufs, 1/2 litre de lait, 300g de farine, 1 pincée de sel, une cuillerée à soupe de calvados.

Confectionner une pâte à crêpes plus épaisse que lorsque l'on fait des crêpes traditionnelles. Laisser reposer 1/2 h. Pendant ce temps coupez les pommes en lamelles et faite les caraméliser à la poêle dans un peu de beurre avec une cuiller de sucre lorsqu'elles sont caramélisées: les flamber au calvados. Mettre les pommes dans la pâte.

Faire cuire les crêpes en mettant une bonne louche de pâte dans la poêle de façon à ce que la crêpe soit plus épaisse que d'habitude. Laisser cuire 3 mn sur une face, retourner la crêpe et faire cuire à nouveau 2 mn.

Déposer sur une assiette et saupoudrer de sucre. 


Il ne reste plus qu'à déguster!

La soupe de poires du Nivernais Morvan

 Alors que nous avons des poires à ne plus savoir qu'en faire, je multiplie les essais de recettes pour les utiliser. Dans son livre, "La cuisine de la Nièvre" (editions Lacour),  Pierrette Chalendar propose la recette de la soupe de poires à la Morvandelle.


 

Pour ma part ayant toujours peu de temps à consacrer à la cuisine je l'ai trouvée un peu fastidieuse à réaliser. J'ai donc décider de la simplifier et d'y ajouter quelques épices pour la relever.

Voici donc ce que cela donne:

Ingrédients pour 6 personnes

1 kg 500 de poires

500g de pommes de terre

1 cc de cannelle

1cc de gingembre

1cc  de muscade

2 feuilles de laurier

sel poivre

Mettre les poires et les pommes de terre épluchées et coupées en morceaux dans une casserole avec la cannelle, le gingembre, la muscade et le laurier.  Ajouter 1 litre et demi d'eau. Laisser bouillotter pendant 20mn. Lorsque les pommes de terre sont tendres, enlever les feuilles de laurier et mixer.

Rajouter de l'eau si nécessaire pour obtenir la consistance voulue.

Saler, poivrer selon votre goût. Servir chaud, avec des cerneaux de noix.

Morvanlaine est sur RCF

 





Le collectif Morvanlaine fait désormais une chronique sur RCF Nièvre tous les mois. Pour tout savoir sur la laine et bien plus.

Je vous invite à écouter la première émission:


https://rcf.fr/actualite/environnement/morvanlaine-magazine-01RCF

Tricoter des nopes

Drôle de nom... Les nopes sont de petites boules qui donnent du relief à un tricot. Aujourd'hui nous allons nous intéresser aux grosses nopes. La mode étant au tricot XXL, les grosses nopes permettent de donner du corps à un gros pull, par exemple. Et ceci sans beaucoup de difficulté.
Vous pouvez tricoter les nopes sur du jersey. Elles ressortiront parfaitement et cela simplifie le travail.
C'est aussi un point que l'on utilise traditionnellement pour faire les pull irlandais.




Placez plutôt les nopes en quinconce quand vous les tricotez, ce sera plus joli sur l'ouvrage.

1. Tricotez jusqu'à l'emplacement de la nope. Tricoter la maille suivante une fois par le brin avant à l'endroit, mais ne laissez pas tomber la maille. Tricotez la une seconde fois à l'envers, une troisième fois à l'endroit et une quatrième fois à l'envers. N'oubliez pas de faire passer le fil sur l'arrière ou sur l'avant de l'ouvrage en fonction de la maille endroit ou envers.
Vous avez maintenant 4 mailles dont trois créées à partir d'une maille de l'ouvrage. Laissez tomber la maille de l'aiguille gauche.

2. retournez l'ouvrage et tricotez les 4 mailles de la nope à l'envers.

3. retournez à nouveau l'ouvrage et tricotez les 4 mailles de la nope à l'endroit.

4. retournez encore l'ouvrage et tricotez les 4 mailles à l'envers.

5. retournez une dernière fois l'ouvrage pour avoir l'endroit face à vous.

6. à cette étape, les mailles de la nope sont sur l'aiguille gauche. Glissez les 2 premières mailles de l'aiguille gauche sur l'aiguille droite sans les tricoter.

7. tricotez les 2 mailles suivantes ensemble à l'endroit.

8. avec la pointe de l'aiguille gauche faite passer la deuxième et la troisième maille présentes sur l'aiguille droite, par dessus la première. (il s'agit des 2 mailles glissées à l'étape 6)

Et voilà la nope est finie! Tricotez quelques mailles en jersey endroit et recommencez.


Nombre total de pages vues